Affaire Mt. Gox : Mark Karpelès s’en tire sans prison ferme

Mark Karpelès, que l’on a surnommé pendant de nombreuses années le « baron du bitcoin », vient d’échapper à une lourde condamnation au Japon. Pour bien comprendre cette saga judiciaire, il faut revenir quelques années en arrière, pour expliquer une affaire qui a provoqué un véritable séisme dans le monde des crypto-monnaies.

Mt. Gox, la plateforme la plus influente du monde du Bitcoin

En 2014, c’est Mt. Gox qui fait la pluie et le beau temps sur la planète Bitcoin. Plateforme considérée comme l’une des plus crédibles qui soient, elle contrôle jusqu’à 80% de l’ensemble des transactions réalisées avec cette monnaie digitale. C’est donc un acteur majeur du monde des cryptomonnaies. Mark Karpelès, jeune expatrié français considéré comme un véritable génie de l’informatique, dirige l’entreprise depuis 2011. On le surnomme rapidement le « baron du bitcoin » en raison de son influence majeure dans ce domaine. Seulement, c’est un domaine relativement nouveau et des erreurs ne tardent pas à être commises.

Ainsi, les choses ne tardent pas à se gâter. En 2014, Mt. Gox souffre d’un gros problème de piratage. L’entreprise continue de fonctionner, mais des milliers de Bitcoins disparaissent. Et si autant d’argent virtuel disparaît, c’est parce que l’entreprise tarde énormément à s’en rendre compte ! Il faudra 2 ans à l’équipe pour constater la disparition de Bitcoins des comptes de leurs clients ainsi que des leurs. Cette faille majeure dans les systèmes de sécurité de l’entreprise ne va pas tarder à pousser Mt. Gox à fermer boutique.

Ainsi, les retraits de la plateforme sont subitement bloqués. Toute la plateforme est donc à l’arrêt, et aucun client ne peut plus retirer son argent. Rapidement, les clients soupçonnent l’entreprise de ne plus pouvoir payer. Puis, inévitablement, la plateforme ferme, ç’en est finit de Mt. Gox, le monde des cryptomonnaies s’affole. Et pour cause, en contrôlant 80% des échanges, cette fermeture est une véritable tornade dans le monde du Bitcoin. Pourtant, cela ne viendra pas au bout de l’aventure Bitcoin, qui connait un renouveau en 2019. Mais que s’est-il vraiment passé, où sont les bitcoins volés ?

Le rôle de Mark Karpelès

Mark karpelès prison Japon

La presse fait état de l’insolvabilité de l’entreprise. Non seulement les comptes de certains clients ont été dévalisés, mais l’entreprise elle-même a perdu de nombreux bitcoins dans cette sombre affaire. Le préjudice s’évalue alors à 630 000 BTC, soit l’équivalent de 450 millions de dollars au cours de l’époque. Le coupable idéal ? Mark Karpelès.

Rapidement, les soupçons se portent donc sur le gérant français de l’entreprise. En effet, il est rapidement soupçonné d’être à l’origine du vol de ces nombreux Bitcoins. Faute de preuves, l’enquête finit par mener autre part, et plus précisément à un hacker russe retrouvé en Grèce. Ce dernier faisait partie d’une bande de hackers qui est parvenue à dérober les 630 000 BTC qui avaient disparu des comptes. Et ce, en toute discrétion : le vol s’étale en effet sur 2 ans ! La plateforme connaissant un succès rapide et inespéré, l’équipe est trop inexpérimentée pour pouvoir se rendre compte à temps que des milliers de Bitcoins manquent à l’appel.

Finalement, Mark Karpelès est lavé de tout soupçon en ce qui concerne les vols. Cependant, l’occasion est trop belle : de nombreux japonais ont perdu leurs économies, Mark Karpelès est le coupable idéal, mais de quoi ? c’est là tout le problème ! Au lieu de l’accuser du vol des BTC, la justice japonaise finit par l’accuser de se servir dans les caisses de Mt. Gox pour ses dépenses personnelles. Pourtant, les preuves sont minces. On assiste là à la descente aux enfers du « baron du bitcoin ».

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Le procès

Le procès aura duré 18 mois et représente une véritable débâcle pour le parquet de Tokyo. Il a en effet été acquitté des accusations de détournement de fonds et d’abus de confiance. Le procès à effectivement révélé que les charges contre le français étaient insuffisantes.

En revanche, Mark Karpelès n’a pas pu échapper à la condamnation pour falsification de données informatiques par la création de fausse monnaie virtuelle. Malgré la requête du parquet de le condamner à 10 ans de prison ferme, le jeune français n’écope que de 2 ans et demi de prison avec sursis. Un casier vierge et une année passée en prison en préventive ont certainement joué en sa faveur.

Le jeune français s’en sort donc très bien. D’autant plus qu’au Japon, il est rare que les réquisitions des procureurs ne soient pas suivies par les juges. Mark Karpelès l’a donc véritablement échappé belle.

Des suites judiciaires ?

Si le parquet a la possibilité de faire appel, de nombreux experts estiment que c’est assez improbable. Si ce verdict sonne comme une défaite claire du parquet, c’est parce que le dossier de l’accusation s’est aminci au fil du procès. À l’origine soupçonné d’avoir volé les Bitcoins, Mark Karpelès n’a jamais été formellement mis en examen pour ces faits. Pour tout le reste, les preuves étaient très minces, ce qui explique ce verdict pour le moins clément, et surprenant. Il est en effet extrêmement rare que les mis en examens ne soient pas condamnés selon les réquisitions du procureur.

Le jeune français n’a cessé de clamer son innocence tout au long de son procès. Et il est très probable qu’il n’y ait pas d’autres suites.

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