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+80% en 30 ans : c'est c'est la hausse, en euros constants, du coût de la scolarité d’un élève à l’école primaire.
6%des jeunes de 17 ans présentent de graves difficultés de lecture.
60 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans aucune qualification sanctionnée par un diplôme.
Les dernières décennies ont été marquées par une formidable démocratisation de l'enseignement scolaire. A l'initiative de Jean-Pierre Chevènement, le ministère de l'Education nationale s'est fixé, en 1985, l'objectif de mener 80% d'une classe d'âge au baccalauréat. Ce taux avoisine aujourd'hui les 70%.
Cette évolution, à l'évidence très positive, s'est cependant accompagnée de trois tendances préoccupantes :
- De graves lacunes sont apparues sur le plan de l'apprentissage des connaissances fondamentales : à la fin de l'école primaire, un peu moins du tiers des élèves maîtrisent l’ensemble des compétences en compréhension écrite et orale fixées par les programmes. A 17 ans, 6% des jeunes présentent de réelles difficultés de lecture.
- Les résultats de la lutte contre l'échec scolaire sont alarmants : 60 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans qualification sanctionnée par un diplôme. Parmi ceux-là, 50% sont encore sans emploi cinq ans plus tard.
- Enfin, l'efficacité du système de formation initiale paraît d'autant plus perfectible que les moyens engagés pour l'école sont conséquents. La dépense intérieure d'éducation (hors formation continue) s'élève, en France, à 6% du PIB. C’est moins qu’aux États-Unis où cette proportion dépasse 7% mais plus qu’au Japon, en Espagne ou aux Pays-Bas où elle est proche de 5%. La France est par ailleurs le seul pays de l'OCDE qui investit davantage dans la formation des lycéens que dans celle des étudiants.

Notre système scolaire, qui investit pourtant massivement en faveur des jeunes générations, n'atteint que très partiellement son premier objectif, celui d'une formation de qualité pour tous. Agissant à la marge, aucune des réformes engagées ces dernières années ne prend réellement la mesure du problème. L'examen du système éducatif en Suède, en Allemagne et au Royaume-Uni éclaire d'une lumière crue les limites du modèle français.

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